Définition du mythe

Qu'est-ce qu'un mythe ?

Un mythe est un récit fabuleux des peuples anciens, il met en scène des êtres de différents genres (animaux, divinités, héros, forces naturelles et surnaturelles) pour essayer d'expliquer les faits de la réalité et les phénomènes de la nature, notamment l'origine du monde et de l'homme.

Tous ces éléments sont intégrés aux faits réels, aux caractéristiques des humains et aux personnes qui ont réellement existé. Un mythe peut aussi avoir pour fonction de manifester quelque chose de plus marquant ou d'expliquer des sujets inconnus et d’aider l’homme à connaître le monde.

Dans des mythes, les symboles ne sont pas toujours utilisés de manière correcte, puisqu’ils sont utilisés en se référant à des croyances communes sans fondement objectif ni scientifique. Toutefois, les événements historiques peuvent devenir des mythes s’ils ont une symbolique très importante pour une culture donnée.

Les mythes ont un caractère explicatif ou symbolique, ils sont liés à une date ou à une religion, ils cherchent à expliquer l’origine de l’homme à travers des personnages surnaturels, expliquant la réalité à travers leurs récits sacrés. Un mythe n'est nullement un conte de fées ou une légende. C'est ce que Eliade explique en ces termes :

Le mythe « raconte une histoire sacrée; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des "commencements". Autrement dit, le mythe raconte comment, grâce aux exploits des Êtres Surnaturels, une réalité est venue à l'existence, que ce soit la réalité totale, le Cosmos, ou seulement un fragment: une île, une espèce végétale, un comportement humain, une institution. C'est donc toujours le récit d'une "création": on rapporte comment quelque chose a été produit, a commencé à être. [...] Les mythes révèlent donc leur activité créatrice et dévoilent la sacralité (ou simplement la "sur-naturalité") de leurs oeuvres. En somme, les mythes décrivent les diverses, et parfois dramatiques, irruptions du sacré (ou du "sur-naturel") dans le Monde. C'est cette irruption du sacré qui fonde réellement le Monde et qui le fait tel qu'il est aujourd'hui. »

MIRCEA ELIADE, Aspects du mythe, Paris, NRF/Gallimard, 1963, Coll. « Idées », p. 15.

Étymologie de mythe

Mythe vient du grec “muthos” qui signifie : parole/parole non rationnelle, discours, fiction. Muthos est passé dans le bas latin “mythos” signifiant : fable, mythe, récit fabuleux.

Caractéristiques du mythe

Un mythe se caractérise par trois aspects essentiels: sa forme (un récit), son fondement (une croyance religieuse) et son rôle (expliquer l’état du monde). Ainsi, le mythe se caractérise par une continuité narrative, une croyance religieuse et l'intention d'expliquer la cause de phénomènes connus.

Une continuité narrative

Un mythe s'inscrit dans une continuité narrative, c'est-à-dire un cadre, des personnages et une action. Le fait de se référer ou de penser à un dieu ou la croyance à l'existence d'un héros ne suffisent pas pour fonder un mythe, il faut en plus un cadre et une action.

Une croyance religieuse ou la présence des être sacrés

Un mythe évoque généralement une croyance religieuse ou du moins, la présence des êtres possédant un certain caractère sacré. Cet aspects permet de distinguer les mythes de contes dont certains récits populaires peuvent ressembler à des mythes.

Une intention étiologique

Un mythe est conçu dans l'intention d'expliquer la cause de phénomènes connus, c'est-à-dire avoir une fonction étiologique (rechercher les causes). Un mythe explique à l'homme les principes qui guident sa vie terrestre, partant de la création pour expliquer des réalités présentes dans sa vie. Ce critère permet de distinguer le mythe de la légende et du conte qui sont souvent fictifs, c'est-à-dire contrairement au mythe que impose un retour au réel, ils surgissent dans un monde qui ne doit rien au nôtre, établissant une distance temporelle, géographique et sociale avec ce que l'homme actuel vie. Ils commencent souvent de la manière suivante :" Il était une fois, dans un village, un chasseur solitaire qui vivait ..."

Exemples de mythes

Le mythe de Zeus

Zeus correspond au dieu romain Jupiter. Zeus est le dieu du Ciel et souverain des dieux de l'Olympe dans la mythologie grecque, il appartient comme tous les Olympiens, à la seconde génération divine. Zeus, suprême souverain des dieux, était seul à pouvoir manier l’arme de la foudre contre tous ceux qui osaient s’opposer à sa volonté. Il était le maître des tempêtes et des orages, capable d’ébranler le monde d’un simple signe de tête, sans doute fut-il, à l’origine, une divinités atmosphérique.

Rhéa, sa mère, maline, évita que son père Cronos lui fasse subir le sort funeste de ses frères et sœurs aînés: être dévoré par leur père. Elle remplaça son fils Zeus par une pierre emmaillotée de langes lors du sacrifice. Zeus, l'enfant fut emporté en Crète, où des Méliades ( ou Corybantes) et la chèvre Amalthée l’élevèrent à l’abri des regards.

Devenu adulte, Zeus affronta son père, à qui il obligea à régurgiter ses frères et soeurs qu’il avait engloutis. Zeus bénéficia de l'aide des trois Hécatonchires (des géants aux cent bras), mais aussi celle des trois Cyclopes (qui forgèrent pour lui les éclairs foudroyants).

Dans bataille finale, qui a secoué l’Univers, les Titans furent enfin vaincus. Zeus condamna son père Cronos et tous les serviteurs à des tourments éternels dans les profondeurs du Tartare, sous la surveillance des geôliers, les trois Hécatonchires .

Le mythe de Prométhée et Epiméthée

Prométhée et Epiméthée étaient fils du titan Japet et frères d’Atlas. Ils ont été les alliés de Zeus lors de la bataille contre son père (Titanomachie). En guise de récompense, Zeus leur confia la tâche de créer les hommes et les animaux. Epiméthée, stupide, se charge de créer les animaux, à qui il pourvoit tous les attributs nécessaires, oubliant les hommes qu’il laissa nus et vulnérables. Irrité par cet agissement, Zeus punit Prométhée, il l’enchaîna sur un rocher où l’aigle du Caucase passait chaque jour pour lui dévorer le foie.

Le mythe de Pandore

Zeus après le vol du feu par Prométhée, décida de punir aussi les hommes pour être bénéficiaires du feu. Zeus ensemble avec d’autres dieux créa la femme la plus parfaite appelé Pandore. Zeus confia une boîte mystérieuse à Pandore à qui il donna l’ordre de ne pas l’ouvrir sous aucun prétexte. Zeus donne Pandore comme épouse à Epiméthée.

Pandore ne résista pas à la tentative d’ouvrir la boîte, elle l’ouvrit et y sortirent les neufs maux de l’humanité : la maladie, la famine, la passion, la vieillesse, la guerre, le vice, la misère, la folie et la trompérie. Heureusement pour elle, il resta au fond de la boîte une vertu : l’espérance.

La gigantomachie

Réconforté par sa victoire dans la titanomachie, Zeus décida d’enfermer les titans dans le Tartare. Cela ne plut pas à Gaïa qui décida de créer les géants pour affronter Zeus et ses alliés les Olympiens. Comme dans la titanomachie, Zeus et les Olympiens arrivèrent à vaincre les monstres et les géants.

Le mythe d’Ouranos

Ouranos (le ciel) et Gaïa (la terre) engendrèrent douze titans, trois Cyclopes et trois Hécatonchires. Ouranos détestait ses enfants, et craignant d’être détrôné par ces derniers. Pour se prévenir d’un probable détrônement, Zeus décida d’empoisonner les Cyclopes et Hécatonchires afin de les empêcher d’aider ses enfants à se soulever contre lui.

Gaïa, mécontente et furieuse de l’agissement de Zeus, incita les titans à se rebeller. Dans cette rébellion, Cronos castra son père à l’aide d’une faucille. Ouranos saigna abondamment et engendra d’autres divinités les Erynes, Tisiphone, Mégère, Aphrodite. C’est à l’issue de cette rébellion que Cronos succéda à son père Ouranos.