Définition de la résilience

Qu'est-ce que la résilience ?

La résilience vient de l'anglais resilience, "fait de rebondir", issu du latin resilentia "rebondir, rejaillir. La résilience a depuis longtemps était utilisée seulement en physique où il signifie la résistance des matériaux aux chocs. Ce mot a commencé à être appliqué dans les sciences humaines par les Anglo-Saxons, vers la seconde moitié du XXe.

C'est à la fin du XXe siècle que la résilience a commencé à apparaître dans les sciences humaines dans l'espace francophone, grâce notamment aux travaux de psychologues comme Boris Cyrulnik, Michel Manciaux, Stanislas Tomkiewicz.

Ces auteurs se sont inspirés des travaux de Jon Bowlby et la théorie de l'attachement de la décennie 1960-1970, mais aussi les travaux sur le stress et l'émergence de la psychologie de la santé.

Dans les sciences humaines notamment en psychologie, la résilience est définie comme étant la capacité à vivre, à réussir ou à se développer en dépit de l’adversité. Ou encore, c'est la capacité de retourner à son état naturel, en particulier après une situation de choc, un traumatisme.

Cette adaptation se fait à la fois de façon passive et active, c'est-à-dire la personne résiliente s'adapte à la fois consciemment et inconsciemment.

Il s’agit là d’un précieux travail d’adaptation, en partie passif et inconscient, en partie actif. Levi, 1988.

Cependant, il est important de savoir que la résilience peut se manifester de façons très variées et n'est jamais absolue. C'est-à-dire qu'elle varie en fonction des circonstances, de la nature des traumatismes, du contexte et des étapes de la vie et résulte d'un processus dynamique évolutif au cours duquel le traumatisme peut prendre le dessus sur le sujet.

La résilience en psychologie

En psychologie, la notion de la résilience a trouvé un écho favorable, suite aux travaux réalisés dans ce domaine comme les travaux de John Bowlby et d'Emmy Werner. Dans ce domaine, la résilience est définie en psychologie comme étant :

« La capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir en dépit d’évènements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères » (M. Manciaux et al., 2001, p. 17)

Le traumatisme est défini en psychanalyse comme étant :

« Un événement de la vie du sujet qui se définit par son intensité, l’incapacité ou se trouve le sujet d’y répondre adéquatement, le bouleversement et les effets durables qu’il provoque dans l’organisation psychique » (J. Laplanche et J. B. Pontalis, 1967)

Emmy Werner, la psychologue américaine, est considérée comme étant la mêre de la résilience à cause de son étude réalisé sur 698 enfants dans l'archipel de Hawaii. Ces enfants étaient sans famille, sans école, vivant dans la rue et victimes d’agressions physiques ou sexuelles. Ils étaient tous nés en 1955. Elle les a suivis pendant trente ans.

Sur 201 de ces enfants, suivis à partir de l'âge de deux ans, sur la base d'un certain nombre de critères notamment : hautement susceptibles de développer des troubles du comportement. Sur ce dernier critère, 72 (28 %) ont réussi à grandir normalement sans intervention thérapeutique particulière, ils ont appris un métier et ont pu fonder une famille.

Cependant, deux tiers de ceux qui se sont montrés non résilients à l'adolescence, le sont devenus à l'âge adulte. Ce qui fait un total de taux d'évolution positive de 80 %. L'auteure arrive à la conclusion que certains de ces enfants ont développé une capacité particulière à faire face et à surmonter le traumatisme. Elle les appelle les "résilients" et dit qu'ils ont pu "rebondir".

Pour surmonter un traumatisme, les gens ont souvent besoin d'un environnement favorable, des personnes (professionnelles ou non) pour assurer de la compréhension et de l'appui autour d'eux. Boris Cyrulnick désigne ces personnes par "tuteurs de résilience". C'est ici que s'établit le lien entre la résilience et la théorie d'attachement de John Bowlby.

En effet, un enfant traumatisé aurait plus de chance de devenir résilients s'il est vie dans un environnement qui lui apporte le soutient nécessaire. Ce qui a amené plusieurs auteurs à considérer le rôle de l'environnement dans le processus de la résilience.

Boris Cyrulnik par exemple, considère que la résilience se construit dans la relation avec autrui. C’est ce qu’il désigne par « un tricotage de l’attachement ». Selon lui, pour devenir résilient, l’enfant doit avoir connu, avant le « fracas » du traumatisme, une certaine stabilité affective.

La notion de la résilience a connu un grand succès qu'il s'est exportée dans d'autres domaine comme l'écologie, l'économie, l'informatique, la gouvernance, la gestion de risque, l'armement et l'aéros patial. Dans chacun de ces domaines, elle est définie différemment.

  • En écologie, elle est définie comme étant la capacité d'un écosystème ou d'une espèce à récupérer un fonctionnement ou un développement normal après avoir connu un traumatisme dans son cycle vital.
  • En économie, c'est la capacité à revenir sur la trajectoire de croissance après avoir subi un choc.
  • En informatique, c'est la capacité d'un système ou d'une architecture réseau à continuer de fonctionner en cas de panne.

Boris Cyrulnik

C’est un neuro-psychiatre et éthologue français, né le 26 juillet 1937 à Bordeaux en France. Il est l’un des premiers auteurs à avoir travaillé et développé le concept de résilience en France. Il est à la base de plusieurs notions sur la résilience notamment la notion de tuteurs de résilience, le tricotage de l'attachement. Pour lui, la résilience est :

« ce processus complexe par lequel les blessés de la vie peuvent déjouer tous les pronostics ».

Il a publié plusieurs œuvres notamment :

  • Mémoire de singe et paroles d'homme, 1983.
  • Sous le signe du lien, 1989.
  • La Naissance du sens, 1991.
  • Les Nourritures affectives, 1993.
  • Les Vilains Petits Canards, 2001.(plus de 500 000 exemplaires vendus)
  • L'Homme, la Science et la Société, 2003.
  • Le Murmure des fantômes, 2003.
  • Parler d'amour au bord du gouffre, 2004.
  • La petite sirène de Copenhague, 2005 ; rééd. 2012.
  • De chair et âme, 2006.
  • Autobiographie d'un épouvantail, 2008, prix Renaudot de l’essai, 2008.
  • Mourir de dire : La honte, éd. Odile Jacob, 2010.
  • Dialogue sur la nature humaine, avec Edgar Morin, 2010.
  • Quand un enfant se donne « la mort », éd. Odile Jacob, 2011.
  • Résiliences. Connaissances de bases, avec Gérard Jorland, 2012.
  • Sauve-toi, la vie t'appelle, 2012.
  • Les âmes blessées, 2014.
  • La résilience. De la recherche à la pratique, avec Marie Anault, 2014.
  • Dialogue sur la nature humaine, avec Edgar Morin, illustré par Pascal Lemaître, 2015.
  • Ivres paradis, bonheurs héroïques, 2016.
  • L'impossible paix en Méditerranée, avec Boualem Sansal, dialogue animé par José Lenzini, 2017.
  • La tentation du Bien est beaucoup plus dangereuse que celle du Mal, avec Tzvetan Todorov, dialogue animé par Nicolas Truong, 2017.
  • Psychothérapie de Dieu, 2017.
  • La nuit, j'écrirai des soleils, 2019.